L’intérieur du château comprend une soixantaine de pièces chacune ayant sa spécificité architecturale ou décorative.

Si la chapelle, de grandes salles de gardes, des escaliers en colimaçon, des cheminées et des souterrains rappellent le monde médiéval, la plus grande partie du château plonge dans une atmosphère chaleureuse de par ses proportions et son décor donnant à chacun l’envie d’y vivre.

De superbes plafonds à la française Renaissance et XVII ème siècle font la renommée de ce château aux murs recouverts de tapisseries des Flandres, de Bruxelles et d’Aubusson. Une très grande pièce est recouverte de cuirs de Cordoue venant du château de Vauvenargues. Ces cuirs très rares dits «dorés polychromes» furent commandés en 1680 à un artisan aixois.

De très belles gypseries du XVIII ème siècle dans des salons, salle à manger et chambres rappèlent la proximité d’Aix en Provence; un salon entièrement recouvert de peintures murales représentant les jardins de Versailles fut probablement décoré à l’époque de la création du jardin à la française certainement dessiné par Le Nôtre, mais aucune commande n’est connue.

A la Révolution, le propriétaire fut guillotiné et le château pillé. En 1797, un mariage fut arrangé entre le châtelain Palamède de Forbin et une riche héritière grassoise. Chacun joua alors au mécène, invitant des artistes et faisant faire de multiples aménagements et décorations intérieurs. De cette époque datent les boudoirs décorés dans un style néo classique. Dés 1798, on rencontre le célèbre peintre Marius Granet, ami inséparable d’Auguste de Forbin, frère de Palamède, qui, invité au château régulièrement, participera activement à sa décoration: le salon de lecture peint dans le goût des loges de Raphaël en 1798 ou le très gracieux boudoir pompéien peint en 1808 pour Pauline Borghèse, sœur de Napoléon et maîtresse d’Auguste de Forbin, témoignent du goût de l’époque pour les lieux intimes et délicats.